La SOFIME prépare un collège des médecins DIM de territoire


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(Par Caroline BESNIER, à l'ENCC) Publication TICsante.com

AIX-EN-PROVENCE, 1er décembre 2017 (TICsanté) – Un collège des médecins responsables de département de l’information médicale (DIM) de territoire est en préparation pour le début 2018, a indiqué le président de la Société francophone de l’information médicale (Sofime), Gabriel Nisand, le 24 novembre à APMnews, en marge du 21e séminaire de l’étude nationale des coûts à méthodologie commune (ENCC) organisé à Aix-en-Provence par la Fédération hospitalière de France (FHF).

Ce collège (ou conférence) devrait regrouper les 135 responsables de DIM de territoire, rattachés aux 135 groupements hospitaliers de territoire (GHT), sous l’égide de la FHF.

Gabriel Nisand, qui est lui-même responsable du DIM du territoire Basse-Alsace-Sud Moselle, voit cette instance comme un endroit pour « harmoniser les objectifs », « guider les énergies des différents DIM de territoire » et leur donner une « visibilité et une lisibilité ».

Ce sera un interlocuteur pour les pouvoirs publics qui « ont besoin d’avoir un correspondant pour l’hospitalisation publique sur l’information médicale », a-t-il observé.

Une de ses premières actions pourrait être d’obtenir pour les DIM un accès permanent aux données du nouveau système national des données de santé (SNDS).

Le SNDS va regrouper les données issues du Système national d’information inter-régimes d’assurance maladie (Sniiram), notamment celles du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI), celles du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDC), des données médico-sociales de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et un échantillon des données de remboursement des complémentaires.

Il semble en effet nécessaire au président de la Sofime que les DIM de territoire fassent partie des acteurs dotés d’un « accès permanent » au SNDS, listés dans un décret publié en décembre 2016.

« On ne peut pas envisager les parcours de soins des patients » sans ces informations du Sniiram, en plus des données du PMSI (programme de médicalisation des systèmes d’information) chaînées, que les DIM peuvent déjà analyser.

Pour lui, cet accès est nécessaire pour la nouvelle mission de santé publique au niveau territorial des DIM.

On parle en effet de DIM de territoire et non de GHT, ce qui étend leur niveau d’analyse à la santé de la population du territoire de santé, et pas seulement aux établissements du GHT, a souligné Gabriel Nisand, jugeant cette évolution très « intéressante ».

Les DIM de territoire devront mettre en place des tableaux de bord de suivi de la bonne réalisation des objectifs des projets médicaux partagés.

Gabriel Nisand a observé que cette nouvelle mission convenait aux DIM qui sont des « médecins de santé publique formés et rompus à toutes ces méthodes d’analyse ». Pour lui, il y a « le terreau pour faire quelque chose de fantastique ».

Il estime que les DIM vont changer progressivement de missions sans abandonner celles assumées jusqu’à présent. Ils vont probablement garder la responsabilité sur le codage et la qualité des données mais encadrer des techniciens de l’information médicale (TIM).

Gabriel Nisand a également indiqué qu’un travail était en cours pour établir un référentiel sur le nombre de médecins DIM, statisticiens et TIM nécessaire à un GHT, en fonction de sa taille notamment, afin que le DIM de territoire puisse bien assumer toutes ses missions.

« On ne voudrait pas que le GHT soit en fait un piège où l’on se retrouve à aller dans des petits établissements à devoir coder et assurer la qualité du codage », a-t-il mis en garde. Il a mis en avant l’attractivité du GHT pour recruter du personnel qui interviendra dans les établissements parties.

Reprendre « un rôle sur l’intelligence de la donnée »

Lors d’une table-ronde organisée le 23 novembre, François Crémieux, directeur du groupe hospitalier Hôpitaux universitaires Paris Nord Val-de-Seine (AP-HP), a lancé un « vibrant appel » aux DIM pour qu’ils reprennent un « rôle sur l’intelligence de la donnée », « enjeu majeur dans les 10 à 15 ans ».

Pour lui, il faut « être extrêmement vigilant » pour garder la maîtrise des données produites dans le cadre de la médecine personnalisée. Il a fait part de ses craintes par rapport à l’intervention d' »intermédiaires » qui gèreront ces données et risqueraient de prendre un rôle important entre le patient, l’hôpital et le médecin.

Il a rappelé que les DIM avaient été les créateurs de l’information « intéressante, intelligente, médicalisée » au cours des années 1990 et 2000. Mais « nous, directeurs d’hôpital, avons eu un peu tendance à considérer les DIM et leurs équipes comme ayant deux fonctions principales depuis une dizaine d’années: l’exhaustivité et la qualité du codage, peut-être pas au sens le plus noble du terme », a-t-il observé.

Il estime désormais qu’il faudra maîtriser l’information médicale des patients et que les DIM doivent développer leur compétence et leur légitimité dans ce champ. « Il y a une heure de gloire à venir pour les DIM et leurs équipes! ».

Ce point de vue a été appuyé par le Pr Israël Nisand, du pôle gynécologie obstétrique du CHU de Strasbourg (frère de Gabriel Nisand), qui a insisté sur l’importance de développer des compétences dans l’analyse des big data médicales, afin de ne pas laisser la main aux Américains.

cb/sl/ab

Questions :

  1. quelle sera la place des DIM du territoire n’appartenant pas au GHT ?
  2. Auront ils les mêmes accès au SNDS

Commentaire perso :

On ne peut être qu’agréablement surpris par la demande du directeur mentionné , attendu que les DIM revendiquent depuis toujours ce rôle sur « l’intelligence des données de santé »

N’oublions pas que les milliards injectés au titre des plans successifs de modernisation des SIH des hôpitaux n’ont pas toujours servi à rendre utile et intelligente les données de santé produites au sein des hôpitaux . Gageons que les prochains investissements sur le SIH et que les directeurs de GHT ou d’ailleurs aillent dans ce sens  pour rattraper au moins les dix dernières années  …

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