Le scandale du CSARR dans le modèle de groupage actuel


Le Catalogue spécifique des actes de rééducation et réadaptation est destiné à décrire et coder l’activité des professionnels concernés dans les établissements de soins de suite et de réadaptation (SSR), dans le cadre des obligations réglementaires du recueil d’informations pour le programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) en Soins de suite et de Réadaptation (SSR). Il comprend ( sauf erreur de ma part ) 544 actes .

Comment sont pris en charge les actes CSARR dans le PMSI SSR ?

Chaque acte CSARR est « affublé » d’une pondération, laquelle pondération contribue au calcul du « score RR » des actes de rééducation-réadaptation.

Exemple : ALQ+183 Évaluation analytique initiale de fonction cognitive : Valeur de pondération : 55

Le score RR est calculé en additionnant les pondérations de chaque acte de rééducation-réadaptation codé en tenant compte d’éventuels modulateurs associés à l’acte, puis en divisant le résultat obtenu par le nombre total de jours de présence en semaine (du lundi au vendredi) dans la période.

Pour un séjour d’hospitalisation complète (HC), le score RR est calculé sur l’ensemble des RHS du séjour. On a donc un score RR par séjour.

Pour un certain nombre de RGME, la classification en RGME tient compte du score RR  de façon quantitative et en deux classes (inférieur ou supérieur à un seuil pouvant varier selon les RGME).

Exemple : dans le GN 0856 (Affections non traumatiques de la colonne vertébrale), toute chose étant égale par ailleurs, la classification en racine B ou C va se faire en fonction du score RR du séjour ou de la semaine <= à 60 (0856B) ou >= à 61 (0856C) .

Les seuils RR en 2017 sont 60 et 90.

Etat du recueil CSARR des IDE

On nous disait lorsque la V0 du CSARR est sortie:   « L’objectif primordial de ce catalogue est de permettre le recueil d’informations concernant la production des professionnels concernés, dans le respect des dispositions réglementaires prévues au code de la santé publique. »

LOL

En France

La base nationale du PMSI SSR nous informe que 15% des actes Csarr saisis en 2016 l’ont été par des infirmiers ce qui représentent 8 703 280 actes CSARR , et l’éventail des actes IDE saisis en 2016 est de 350 ( sur 544 possibles ) – soit 64% des actes disponibles dans le Catalogue spécifique d’actes de rééducation et réadaptation !!

Donc certaines IDE de certains  ETS SSR déclarent des actes CSARR – qui très probablement ne relèvent pas de leur décret de compétence…

Pour autant ces actes CSARR déclarés participent nécessairement à la construction du score RR final de chaque séjour de ces établissements :je rappelle que plus il y a de points de pondération produits et plus le seuil RR est facilement franchi … et donc potentiellement meilleur sera la recette

J’imaginais naïvement, en DIM vertueux que l’algorithme de groupage faisait le tri pour éviter une valorisation indue … QUE NENNI !

Le scandale est donc là :

  1. Dans notre pays les actes de rééducation-réadaptation du CSARR sont utilisés pour  2/3 d’entre eux par des infirmiers pour plein de raisons justifiées ( le besoin de faire un rapport d’activité des soignants, , le besoin de reconnaissance du travail fourni , produire des points de pondération car l’ETS n’a pas de rééducateurs et les IDE font le travail ( forcément pas dans les règles de l’art , sinon à quoi bon faire des écoles de kiné,, ergo, orthophonistes, etc … ) …. etc )
  2. Le CSARR tel qu’il est construit est permissif : tous les soignants peuvent utiliser techniquement tous les actes du CSARR !  alors pourquoi se gêner ?
  3. Le groupage SSR tel qu’il existe valorise tous ces actes aveuglement ( hormis 4 ou 5 actes repérés par l’ATIH)
  4. Au final les SSR qui s’autorisent de tout saisir ont raison , les SSR vertueux prennent des risques en l’état actuel de la DMA

Je passe rapidement sur mes coup de gueule passées sur le sujet du CSARR , puisque manifestement le monde soignant y tient et que personne ne remet en cause son aspect chronophage auprès des soignants , hormis nos collègues du terrain … un salaire de kiné à l’année pour un MPR de 200 lits dédié à la saisie !! Et après on  paiera des chasseur de tête pour trouver des rééducateurs !!

« Si ça continue faudra qu’ca cesse… Agagagaga » chantait HFT

Ma proposition

L’ATIH doit faire travailler le Comité de suivi composé de membres de l’ATIH, de la CNAMTS, de la DGOS, de la HAS et d’experts professionnels sur des listes CSARR exclusives par métier, afin d’exclure via le groupeur ces actes CSARR injustement valorisés …

Bref vous l’aurez compris , il y a un monde entre la création d’une nomenclature à usage descriptif permissif et son utilisation à visée médico économique ….

Moralité :

Pourquoi ne pas faire saisir par vos IDE tout et n’importe quoi , puisque de toute évidence ce qui n’est pas interdit est autorisé … ?

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